Dans la lutte contre la pandémie, les jeunes veulent être des partenaires, et non des bénéficiaires

Dans la lutte contre la pandémie, les jeunes veulent être des partenaires, et non des bénéficiaires

« Certaines de mes amies bavardent près de la fontaine et disent qu’elles ne retourneront pas à l’école après le confinement. Quelle est la valeur de l’éducation après tout, ce qui compte c’est l’argent ! Je ne sais pas si je pourrais passer en 4ème après ce confinement », déclare Nani Danuwar, une jeune fille de quatorze ans appartenant à la communauté Danuwar dans le district de Lalitpur au Népal. Nani est le symbole de milliers de jeunes du Népal, et surtout de ceux issus de communautés défavorisées qui, chaque nuit, s’endorment inquiets des répercussions qu’aura la pandémie causée par le nouveau coronavirus sur leur vie. La situation de pandémie a plongé ces jeunes dans une incertitude quotidienne et engendré des perturbations majeures dans leurs habitudes, leur éducation et leur vie sociale et économique. « J’ai passé l’examen de 5ème l’an dernier et nous attendons toujours les résultats. J’ai lu et relu le livre de l’an dernier et je continue maintenant puisque je ne sais pas si j’aurai de nouveaux livres à lire ou non », ajoute Nani Danuwar dans son entretien avec la Campagne nationale pour l’éducation du Népal (NCE Nepal), un réseau national de plus de 364 organisations membres qui défend le droit à l’éducation au Népal depuis 2003.

Les jeunes ont commencé à se sentir seuls et à s’occuper des tâches ménagères. Ceux qui appartiennent à des communautés marginalisées sont fondamentalement exclus de l’apprentissage en ligne et de l’accès à Internet. La vie a été difficile pour ces jeunes avec des sources de revenus limitées, voire inexistantes, et la restriction des déplacements et des rassemblements. « Mes parents se disputent continuellement à propos de nos revenus. Le gouvernement ne devrait pas limiter les déplacements car nous, les pauvres, nous mourrons de toute façon, que ce soit à cause du virus ou de la faim », estime Bir Danuwar, un jeune de 16 ans de la même communauté. La situation pandémique a entraîné une hausse des tensions dans les familles qui affecte la psychologie des enfants, une augmentation de la colère, de l’anxiété, de la dépression et également une élévation de la violence sociale et de la criminalité dans le pays. Même si les jeunes sont avec leur famille, ils sont rarement à l’aise car ils ont besoin de partager leurs problèmes avec des camarades de leur âge. Une autre difficulté était de protéger les jeunes d’Internet, des jeux et de ce genre d’addictions.

Toutefois, il y a aussi des jeunes gens dans la société qui ont le sentiment de pouvoir contribuer aux côtés de la nation à la lutte contre le virus. De jeunes chercheurs du groupe de recherche-action de la jeunesse de NCE Nepal (Youth Action Research of NCE Nepal) issus du même village Dukuchhap se sont lancés dans des services d’accompagnement aux plus jeunes pour les aider à gérer la situation et à poursuivre leur apprentissage à la maison grâce à différentes activités. « Je raconte des histoires à ma sœur et quand elle songe à arrêter l’école, je lui fais comprendre l’importance de l’éducation pour être indépendante et autonome », explique Siya Danuwar, une jeune chercheuse de 23 ans. « Les jeunes ont besoin de motivation constante, de courage, d’autonomisation et d’un accompagnement permanent afin de devenir suffisamment fort pour faire face à toute situation anormale », ajoute Siya dans l’entretien avec NCE Nepal. Ces jeunes ne veulent pas seulement être des bénéficiaires, mais aussi des partenaires dans la lutte contre la situation pandémique. Ils veulent être entendus et collaborer avec les autorités locales pour trouver des solutions ensemble.

Par:

Ram Gaire, NCE Nepal

Remarque : Les noms de tous les jeunes ont été modifiés.

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