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L'éducation a besoin d'un soutien immédiat et concerté pour éviter qu'une génération entière en soit privée

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L'éducation a besoin d'un soutien immédiat et concerté pour éviter qu'une génération entière en soit privée

EXPOSÉ DE POSITION SUR LA CRISE DE L'ÉDUCATION AU YÉMEN PAR L'YCEA, L'ACEA ET LA GCE

Alors que de par le monde, la Journée internationale de l'alphabétisation était soulignée, plus de 263 millions enfants ne sont pas scolarisés à l'heure actuelle, dont deux millions au Yémen seulement ! Ce nombre augmente probablement à toutes les minutes.

Le Yémen connaît la pire crise humanitaire de la région. En 2018, le Yémen s'est classé au 4e rang de l'Indice des états fragiles, qualifiant la situation du pays comme « très alarmante ». Selon les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, vingt-deux millions de personnes, soit 75 % de la population, ont besoin d'une assistance et d'une protection humanitaires. Outre les innombrables victimes, les violations des droits humains, les déplacements massifs de population, les pressions économiques, il y a les infrastructures sociales qui continuent de s'effondrer. Les enfants sont les plus durement touchés par le conflit, car de nombreux garçons et filles sont tués et blessés.  Seulement au mois de juillet 2018, au moins 21 enfants ont été tués et 82 autres blessés lors d'attaques dans plusieurs gouvernorats. Entre mars 2015 et juin 2018, plus de 2 635 enfants ont été recrutés par des groupes armés.

La Coalition yéménite pour l'éducation (YCEA), la Campagne arabe pour l'éducation (ACEA) et la Campagne mondiale pour l'éducation(GCE) sont consternées par la détérioration continue de la situation éducative au Yémen. L'YCEA, l'ACEA et la CME sont conscientes des énormes défis auxquels sont confrontés des millions d'enfants au Yémen, autant filles que garçons, pour exercer leur droit à l'éducation de base. Plus de 3 584 écoles (21 % de toutes les écoles primaires et secondaires) sont fermées et près de deux millions d'enfants n'ont pas accès à l'éducation (soit une augmentation estimée à 500 000 enfants depuis le début du conflit). En outre, les rapports montrent que 4,1 millions d'enfants ont besoin d'aide pour accéder à l'éducation, au transport et aux besoins fondamentaux tels que la nourriture et l'approvisionnement en eau.

 

L'YCEA, l'ACEA et la GCE appellent tous les acteurs internationaux et les différentes parties impliquées au Yémen à collaborer activement pour mettre fin à la guerre et à toutes les violations graves contre les enfants. Il faut donner la priorité à la paix et au redressement si l'on veut que les enfants du Yémen puissent reprendre leurs études et recevoir l'éducation de qualité dont ils ont un besoin urgent et qu'ils méritent. L'YCEA, l'ACEA et la GCE s'opposent fermement à ce que des enfants et du personnel éducatif soient pris comme cibles par différentes parties au conflit. Cela menace les droits des enfants à être protégés et viole leurs droits à la vie et à l'éducation. Nous appelons les parties à tenir les écoles, les enseignants et les enfants à l'écart de la violence et à désengager le processus éducatif des négociations politiques et sécuritaires. Toutes les parties au conflit et les personnes influentes doivent cesser les attaques contre les écoles et s'engager inconditionnellement à protéger l'éducation des enfants dans tout le Yémen. Les enfants et le personnel éducatif doivent être mis à l'abri du danger et les écoles doivent être maintenues comme zones sûres pour l'apprentissage.

L'YCEA, l'ACEA et la GCE saluent les nombreux enseignants yéménites qui, malgré le manque de salaires durant plus de deux ans, continuent d'être présents dans leurs classes. Les attaques et la politisation de la crise des salaires conduisent à l'absentéisme et l'indisponibilité des enseignants. Or les enseignants ont leur place dans les salles de classe et doivent être soutenus pour rester politiquement neutres. Nous appelons toutes les autorités éducatives du Yémen à verser des salaires à tous les enseignants et au personnel éducatif afin que les enfants puissent continuer à apprendre.

Il est d'autant plus urgent de mettre en œuvre des solutions salariales à long terme et de soutenir le système éducatif public au Yémen. L'YCEA, l'ACEA et la GCE sont très inquiètes de voir que de nombreuses filles risquent de continuer à abandonner l'école, car la rétention des enseignantes dans la région est un défi. L'aggravation des problèmes de sécurité et la pauvreté due aux conflits ont des répercussions sur les filles. Les mécanismes d'adaptation négatifs, y compris le mariage précoce, affectent les filles davantage.

Le fait que, hors du Yémen, les réfugiés yéménites soient tenus de remplir de longues procédures administratives pour acquérir un statut juridique avant que leurs enfants puissent accéder à leur droit fondamental à l'éducation est extrêmement problématique.

L'YCEA, l'ACEA et la GCEappellent tous les donateurs et partenaires de développement du Yémen à considérer l'éducation comme une priorité absolue dans leurs profils humanitaires et dans leurs contributions financières au « Plan d'intervention humanitaireauYémen ». Actuellement, moins de 2% des besoins en éducation sont financés.

Nous exhortons les donateurs internationaux à accroître le financement de l'éducation et d'agir promptement afin d'honorer leurs engagements en faveur du secteur de l'éducation. Nous espérons que la communauté internationale pourra autoriser des visites fréquentes des partenaires de l'éducation pour suivre la situation de l'éducation sur le terrain.

L'ACEA et la GCE continueront à travailler avec la Coalition pour l'éducation pour tous et la société civile au Yémen afin de promouvoir la réalisation du droit à l'éducation pour tous les enfants yéménites.

30 septembre 2018

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Sawsan Al-Refaei, Coordonnatrice des politiques et du plaidoyer de l'ACEA, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Lerato Balendran, Agente des communications de la GCE,  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.