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Région Amérique Latine et Caraïbes de la CME : Résumé des actualités, mai 2017

BrazilBRÉSIL : Revers pour la démocratie et les droits de l’homme au Brésil

Suite aux fermetures des écoles et au gel des transports publics en février, une grève de la police dans l’État brésilien d’Espírito Santo a entraîné plus de 58 décès lors de l’intervention des forces armées. Le réseau membre régional de la CME CLADE et sa coalition brésilienne Campanha Nacional pelo Direito à Educação soulignent que cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de revers pour la démocratie et les droits de l’homme au Brésil visibles depuis l'inauguration du gouvernement de Michel Temer.

En décembre 2016, le Sénat brésilien a approuvé un plafonnement strict des dépenses gouvernementales qui réduira les ressources pour les services publics, notamment la santé et l’éducation, pendant les 20 prochaines années. C’est un coup sans précédent porté au droit à l’éducation au Brésil. Les élèves et les jeunes sont en première ligne de l’opposition véhémente à ces coupes. 

Selon le Rapporteur spécial des Nations Unies sur l'extrême pauvreté et les droits de l’homme, ces coupes dans les dépenses constituent une violation des obligations du Brésil en matière de droits de l’homme : « Cela touchera davantage les Brésiliens les plus pauvres et les plus vulnérables, augmentera les niveaux d'inégalité dans une société déjà très inégale et indiquera clairement que les droits sociaux sont une priorité très faible pour le Brésil pour les 20  années à venir. »

Pour en savoir plus en espagnol, visitez le site Web de CLADE

CADE ArgentinaARGENTINE : Être solidaire des enseignants en suivant les manifestations au niveau national

Des dizaines de milliers d’enseignants ont défilé dans la capitale Buenos Aires en mars dans le cadre d'une grève nationale contre l'administration du président Mauricio Macri. La coalition argentine de la CME, La Campaña Argentina por el Derecho a la Educación (CADE), est solidaire des enseignants du pays dans leur lutte pour la protection de l'éducation publique. 

Le 20 mars, une réunion du comité « Por más y mejor educación » (« Pour le développement et l'amélioration de l'éducation ») s’est tenue à Buenos Aires, réunissant différentes organisations (dont CADE), des enseignants, des parents, des élèves et des syndicats. Ils ont discuté de propositions à faire au gouvernement. CADE exige, entre autres, des améliorations des conditions de travail des enseignants et une nouvelle législation sur le financement de l’éducation. De plus, la coalition rejette les efforts actuels des autorités pour dévaloriser le rôle de l’enseignant, ainsi que les coupes budgétaires et les menaces aux syndicalistes dans le secteur de l'éducation.

Les membres du comité ont souligné les développements préoccupants de la première année du mandat présidentiel de Macri, notamment une réduction drastique du plan du gouvernement visant à soutenir les jeunes et les adultes et les encourager à terminer leurs études secondaires et des coupes dans un projet d'amélioration de l'inclusive numérique pour les élèves. 

L'année dernière, les taux d'inflation ont atteint 40 % et les gouvernements provinciaux offrent des augmentations salariales qui sont bien en-deçà des exigences des enseignants. Maximiliano Estigarribia, de CADE, a fait remarquer qu’il est impossible de donner la priorité à l’éducation sans valoriser les enseignants : « Des enseignants bien rémunérés sont l’expression d'une société qui investit dans l’éducation et dans l’avenir. »

Cliquez ici pour en savoir plus sur le comité « Pour le développement et l’amélioration de l’éducation » (en espagnol)

COLOMBIE : Le lauréat du prix Nobel de la Paix et le co-fondateur de la CME se rend en Colombie

En février, le membre national de la CME, la Coalición Colombiana por el derecho a la Educación (coalition colombienne pour le droit à l’éducation) et el Frente Amplio por la Educación, los Derechos y la Paz ont invité le lauréat du prix Nobel de la Paix et co-fondateur de la CME Kailash Satyarthi à Bogota, à l’occasion du Sommet mondial des lauréats de prix Nobel de la Paix. Satyarthi s’est entretenu avec des jeunes et des enseignants et a partagé les expériences de sa lutte contre l’esclavage des enfants dans le monde entier. Il a également détaillé sa nouvelle initiative mondiale, 100 millions pour 100 millions. Cette campagne ambitieuse vise à mobiliser 100 millions de jeunes et d’enfants pour 100 millions d’enfants défavorisés dans le monde entier, afin de promouvoir le droit de chaque enfant à la sécurité, la liberté et l’éducation sur les cinq prochaines années. Vous trouverez d'autres informations sur la campagne, et saurez comment vous y joindre en cliquant ici.

Vous trouverez plus d'informations en espagnol ici 

ÉQUATEUR : L’organisation membre de la CME invite les candidats à la présidentielle à se déclarer pour le droit à l’éducation

La coalition équatorienne de la CME Contrato Social Por la Educación Ecuador (CSE) a invité les deux candidats finalistes de la présidentielle à signer le « Programme d'éducation citoyen en vue d'un débat », soit un ensemble de propositions visant à garantir le droit à une éducation de qualité. Ces propositions comprennent l'augmentation de l’investissement dans l’éducation et la participation de la société civile aux débats et aux décisions politiques. La CSE pense qu’il est impératif de satisfaire le droit à l’éducation en Équateur : « L'éducation nécessite un profond changement et le prochain gouvernement doit s’y engager. »

Vous pouvez consulter le programme dans son intégralité (en espagnol) ici

dignite cladeHAÏTI : La société civile célèbre la nouvelle loi sur les frais de scolarité

En Haïti, presque toutes les écoles sont gérées par le privé, ce qui rend extrêmement difficile le rôle des défenseurs du droit à l’éducation. Cependant, une nouvelle loi est passée en Haïti pour réguler le paiement des frais de scolarité et le taux auquel les écoles privées peuvent augmenter ces frais. La nouvelle réglementation exige que les frais soient payés en devise locale et interdit aux écoles de facturer des frais de réinscription. Plus de sept ans après être passée par la Chambre des députés et le Sénat de Haïti, la loi sur les frais de scolarité a finalement été validée par le président, Jocelerme Privert, le 3 janvier 2017. La ratification de la loi sur les frais de scolarité fait partie intégrante de toutes les activités de la coalition haïtienne de la CME Regroupement Education pour Toutes/Tous (REPT). Avec d'autres organisations de la société civile, des syndicats d’enseignants et un grand nombre d'étudiants et de citoyens, la coalition fait campagne sur ce sujet depuis 2009. Il est exceptionnel que les voix des citoyens soient entendues et que des années de plaidoyer soutenu paient.

William Thélusmond, coordinateur du REPT, a déclaré qu’il s’agissait d'une victoire pour la protection du droit à l’éducation :

« C'était le bon moment pour qu'une loi qui entravait l’impunité avec laquelle les propriétaires des écoles privées et les principaux pouvaient demander de l’argent aux familles. Cette nouvelle loi va à l’encontre de la motivation de profit de la grande majorité d’entre eux. Nous devons rester mobilisés…. En conclusion, cette loi nous offre un nouvel outil pour la lutte, ce qui est en soi une victoire. »

Cliquez ici pour en savoir plus en espagnol

Cliquez ici pour en savoir plus en anglais

PÉROU : Lutte pour un programme sensible à la dimension de genre

Les Nations Unies ont félicité le Pérou le mois dernier pour son nouveau « programme éducatif très positif, en vigueur depuis le 1er janvier, qui vise à améliorer l'égalité des sexes (conformément au nouvel objectif de développement durable pour l’éducation). Les enseignants sont maintenant appelés à remettre en question les stéréotypes nocifs tels que « les femmes font mieux le ménage ; les hommes ne sont pas sensibles ; les femmes sont moins aptes à apprendre les mathématiques et les sciences ; les femmes sont plus faibles et les hommes plus irresponsables. » Certaines parties du programme éducatif du secondaire n'avaient pas été mises à jour depuis des dizaines d'années, ceci a donc été une avancée énorme sur la voie de l'égalité.

Cependant, la réaction violente des églises, des personnalités politiques et des associations de parents conservatrices extrêmes contre le nouveau programme montre combien la fausse « idéologie de genre » s’est étendue dans le pays et est remontée jusqu'au Congrès. Pour lutter contre cette désinformation et réaffirmer la nécessité d'une éducation sans discrimination et d'une culture de la paix, une nouvelle plateforme pour le droit à l'éducation et l'égalité a récemment été formée par des enseignants, des chercheurs et différentes organisations de la société civile, notamment la coalition de la CME du Pérou Campaña Peruana por el Derecho a la Educación (campagne péruvienne pour le droit à l’éducation).

Une déclaration publique signée par plus d’un millier de citoyens et d’organisations a été envoyée au ministre de l’éducation, pour appeler à une reconnaissance et un respect collectifs du droit à l’égalité pour tous les citoyens. 

Madeleine Zuñiga de CPDE pense qu’il s’agit d'une occasion de bâtir un Pérou plus juste et qu’il faut la fêter.

« L'appui dont a bénéficié le ministre de l’éducation de la part des Nations Unies doit être suffisant pour montrer à tous les Péruviens qu’ils sont sur la bonne voie. Ce nouveau programme est axé sur les droits de l’homme, notamment en matière d'égalité des sexes et des opportunités pour tous. » Pour Zuñiga, certaines des « valeurs » traditionnelles que des parents revendiquent sont basées sur une discrimination et des mensonges. « Personne n’a le droit d’éduquer les enfants en s'appuyant sur des mensonges. Et personne n’a le droit de nier le respect à ceux qui pensent différemment. » 

DANS LA RÉGION

Diversité et égalité dans l'éducation : 15 jours d'activisme contre la violence sexiste en milieu scolaire.

Le 15 mars a marqué la fin de 15 jours d'activisme des membres régionaux de la CME pour l’Amérique latine et les Caraïbes CLADE, en partenariat avec ALER, REPEM et Pressenza. Cette campagne marque une étape importante dans la lutte pour l'égalité des sexes dans le cadre et grâce à l’éducation. La violence sexiste en milieu scolaire est un phénomène mondial qui a un impact sur des millions d’enfants dans le monde entier, en particulier les filles. Plan International estime à 246 millions le nombre de garçons et de filles victimes de ce phénomène chaque année. De plus, un rapport de l’UNESCO révèle que peu de pays au monde ont développé des politiques visant à prévenir et combattre la discrimination et la violence par l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle dans les écoles, en particulier en ce qui concerne la communauté LGBTI. Là où des politiques existent, il y a encore un immense écart entre ce qui est entériné dans la législation et ce qu’il se passe réellement sur le terrain. Ceci se met en travers de la route des enfants et des jeunes qui souhaitent accéder pleinement à leur droit à l’éducation.

Lisez cet article de CLADE pour en savoir plus (en espagnol)


Photos :
1) Manifestations au Brésil, 2017. Crédit : Lina Marinelli

2) Manifestations en Argentine, 2017. Crédit : Campaña Argentina por el Derecho a la Educación (CADE)
3) Photo promotionnelle pour le film Dignité, co-produit par CLADE et Regroupement Education pour Toutes/Tous (REPT). Crédit : Campaña Latinoamerican por el Derecho a la Educación (CLADE)